29 juin 2014

Step Back in Time #4 : Métamorphoses

Nous revoilà à bord de notre Logan, modifiée en module d'exploration temporelle, pour cette fois une séance de transformations, qu'elles soient agréables ou franchement horribles.

Sur les écrans

Premier arrêt en 1992. Pas d'Amstrad ou de PC cette fois mais une bonne vieille Megadrive et, surtout, un excellent jeu de plateformes : Kid Chameleon.
Si Nintendo a bien évidemment les Mario, Sega pouvait largement rivaliser avec ce jeu à la difficulté progressive et aux niveaux nombreux et variés. 
Malgré les classiques blocs à détruire pour récupérer différents items, Kid Chameleon va surtout se montrer innovateur au niveau du gameplay grâce à un personnage pouvant revêtir plusieurs apparences.

En effet, le jeu est basé sur des masques, ou des casques, que l'on trouve tout au long des niveaux. Ces derniers permettent à notre jeune Kid à Ray-Ban de changer de tenue et d'acquérir les capacités spéciales qui vont avec.
Votre personnage peut ainsi devenir un samouraï (armé de son sabre), une sorte de Rhino (qui peut défoncer les murs), un juggernaut (un tank à casque à pointe qui tire des crânes !) ou encore une toupie. 
Inutile de dire qu'il était assez jouissif de pouvoir ainsi changer aussi radicalement de personnage, d'autant que les références étaient sympathiques : l'on pouvait incarner un "maniaxe", ressemblant furieusement au Jason de Vendredi 13 ou utiliser un hoverboard en provenance directe de Retour vers le Futur. Il y avait même une tenue ressemblant un peu au Cyclope de Marvel (mais en vert).

Si l'on pouvait jouer à deux joueurs (en alternance, il ne faut pas rêver, le deuxième reprenant la manette après que le premier se soit fait buter), le jeu avait tout de même un défaut irritant : il était impossible de conserver sa progression. Pas de sauvegarde ni même de mot de passe, il fallait donc être particulièrement motivé pour tout finir en une seule fois (ou ne pas éteindre la console...).
Les différentes incarnations jouables constituaient évidemment l'intérêt essentiel de Kid Chameleon. Certaines permettaient de détruire ou faire apparaître des blocs, d'autres d'adhérer aux murs ou d'inverser le sens de gravité, ou encore d'augmenter vos points de vie.

Les lieux à traverser étaient également variés : jungle, grotte, désert, monde de glace ou environnement urbain. Quant aux ennemis, ça allait du dragon au robot en passant par des trucs liquides ou gluant, ou même de grosses têtes en brochette, crachant des saloperies, en guise de boss. Les mecs ne s'étaient pas trop embarrassés avec la vraisemblance, mais ce n'est pas en général ce que l'on demande à ce genre de jeu.
Pour l'anecdote, Kid Chameleon sera même adapté en comics, dans le magazine anglais Sonic the Comic, magazine qui comptera dans son staff quelques noms célèbres, comme Mark Millar ou Andy Diggle.
Oh, au fait, je vous ai dit que le Kid pouvait aussi se transformer en mouche ? Eh bien c'est fait, et, ô art subtil de la transition, cela nous amène à considérer une transformation du même ordre mais beaucoup moins agréable.


Quelques-unes des 10 transformations possibles.



Dans les salles

Notre Logan nous amène cette fois jusqu'en 1986, année de sortie de La Mouche, film de David Cronenberg et remake d'un vieux classique des années 50. 
L'on retrouve Jeff Goldblum dans le rôle principal, celui de Seth Brundle, un scientifique ayant mis au point une technique de téléportation révolutionnaire à base de pods. C'est en apparence très simple : on place un objet ou un être vivant dans l'un des pods et, hop, il réapparait dans l'autre. 
Alors, c'est comme les "sièges de transport" de Kaamelott, ça n'a d'intérêt véritable que si les deux pods sont éloignés l'un de l'autre. Ben oui, se téléporter à deux mètres, c'est classe au début, mais ça devient vite idiot. Et dangereux !

Bien entendu, tout ne se passe pas très bien pour notre ami Seth. Après avoir effectué un test sur un singe, il n'écoute que son courage et se lance lui-même dans l'expérience. Mais comme son labo est un nid à merdes et qu'il n'a même pas pris le temps d'acheter du barrage à insectes au téléshopping, Seth se retrouve avec un invité-surprise à l'intérieur du pod : une mouche. 
Et voilà notre Seth qui fusionne, au niveau génétique, avec l'insecte. Sans le savoir.
Au début, tout se passe bien. Les effets sont même plutôt cool. Seth est plus fort, plus agile (c'est le syndrome Peter Parker)... malheureusement, son ADN dégénérant de plus en plus, la suite va être beaucoup moins fun, et au lieu d'un super-héros, le scientifique va lentement devenir un monstre.

C'est peu de dire que le film était impressionnant visuellement. Les effets dévastateurs de la fusion étaient lentement dévoilés (Seth commence à perdre ses ongles, ses cheveux...) jusqu'à l'horreur finale. Mais surtout, l'on assistait à un drame humain qui était finalement assez éloigné des films d'épouvante habituels.
Oups... quelqu'un aurait un kleenex ? 
De héros, Seth se transforme en menace, pour finalement retrouver in extremis la parcelle de lucidité qui fait de sa mort une véritable tragédie.
Ce classique donnera naissance à une suite, avec le fils de Seth dans le rôle principal, ainsi qu'à... un opéra. La première eut lieu à Paris en 2008. Howard Shore en signa la musique, Placido Domingo la direction artistique, et Cronenberg himself en assura la mise en scène (ce n'est pas un opéra-rock ou une comédie musicale, c'est de l'opéra classique, donc heu... il faut aimer).

Et en bonus, puisque j'ai dévoilé dans le précédent Step Back in Time que nous utilisions non pas une DeLorean mais une Logan, et suite aux demandes nombreuses (au moins deux), nous vous montrons notre engin. 
Alors pour la couleur... il y a eu un petit souci. Pour faire quelques économies, nous avons commandé notre véhicule directement en Roumanie. Or, il s'avère que Vance - qui m'avait pourtant assuré parler couramment le roumain - n'a visiblement pas bien réussi à traduire "bleu métallisé"... 





27 juin 2014

Step Back in Time #3 : Space Opera & Maison Hantée

Revenants et Trouducul (en un mot !) de l'espace sont au menu de cette nouvelle petite incursion dans le passé de la Pop Culture. 

Sur les écrans

Notre machine à remonter le temps s'arrête tout d'abord en 1995 pour découvrir de jeunes gamers, le sourire aux lèvres, rentrant chez eux dépouillés de leurs économies mais avec un bon jeu sous le bras et le fol espoir de chier dans leur froc à la nuit tombée. 
Bon, vous me direz, à l'époque, rien que le système d'exploitation des PC vous filait déjà des sueurs froides. Pour tenir deux heures sans un reboot, il fallait s'y connaître en vaudou et sacrifier quelques poulets. M'enfin, malgré cela, certains souhaitaient stresser encore plus et hurler derrière leur écran pour une autre raison que la millième apparition d'un "écran bleu de la mort".  
Et Phantasmagoria semblait être tout désigné pour ça. 

L'histoire est assez simple. Une jeune romancière, Adrienne Delaney (interprétée par la jolie et inconnue Victoria Morsell) débarque avec son photographe de mari dans un manoir qu'ils louent pour trois fois rien et qui a autrefois appartenu à un certain Zoltan, un magicien qui avait aussi comme hobby de trucider ses épouses en faisant preuve d'une certaine inventivité (le mec a mauvais fond, mais il est créatif).
Bon évidemment, quand on demande 35 dollars le mois pour un 150 pièces, c'est qu'il y a une couille quelque part. Soit c'est Valérie Damidot qui a refait la déco, soit il y a un fantôme qui traîne. 
Le mari se transformant peu à peu sous l'influence des lieux, l'on peut aussi y voir quelques similitudes avec le Shining de Stephen King.

Techniquement, c'est un point & click, avec des scènes filmées plutôt bien fichues et parfois même assez gore. C'est cependant surtout l'ambiance, très réussie, qui fit le succès et la renommée du jeu. L'angoisse est constante, les lieux inquiétants et la progression suffisamment facile pour finalement privilégier la narration et ne pas se coltiner des énigmes trop tordues.

Je vous ai prévenu, il est inventif le Zoltan !
La musique joue aussi un rôle crucial et permet une immersion parfaite. Evidemment, tout cela fonctionne bien une fois et pas deux, mais le côté flippant était tellement réussi que même pour un jeu à "usage unique", on en avait pour son argent.
Pratiquement au même moment, Gabriel Knight 2 : The Beast Within, sortira également chez Sierra et reprendra le même environnement ludique (cinématiques et point & click) ainsi qu'une intrigue également horrifique. Il échouera cependant à véritablement effrayer (le jeu se basant par contre sur des énigmes bien plus relevées).
C'est ce que l'on retiendra sans doute de Phantasmagoria : ça faisait vraiment peur. Et c'était délicieusement bon !


Dans les salles

On repart à bord de notre Logan (oui ben, sur UMAC, on n'a pas les moyens d'avoir une DeLorean, soyez déjà contents qu'on ait trouvé un machin pas trop cher à bricoler avec les moyens du bord !) pour atteindre ces bonnes vieilles années 80.
Oh, regardez ! Voici un fringant jeune homme s'apprêtant à pénétrer dans une salle obscure. Ne prêtez pas attention à son look (une veste aux manches relevées, portée négligemment sur un t-shirt, et quelques litres de gel dans les cheveux), n'oubliez pas que nous ne sommes pas là pour juger (et puis bon, c'était ma période Miami Vice, ça va, on a tous fait des erreurs, ok !?). 
Faisons un zoom sur le ticket que l'adolescent vient d'acquérir en échange de quelques sesterces francs... il y est inscrit La Folle Histoire de l'Espace.

Ce film de Mel Brooks est essentiellement une parodie, potache, de Star Wars. A l'époque, j'ai déjà failli mourir d'ennui devant la première trilogie, mais j'étais encore insouciant et je n'imaginais pas quel courage et quelle abnégation il allait me falloir pour aborder la seconde brochette de films spatio-insignifiants, quelques années plus tard. Mais bon, ayant survécu à la platitude de Lucas (qui n'était pas à l'époque considéré comme un génie, c'est dire si le temps qui passe pousse parfois les peuples à la ruine), je m'étais dit qu'une parodie ne pouvait être pire. Et que, au contraire, elle allait se rire de ces mauvais films, peut-être avec panache.

Bon, oubliez le panache. On est plutôt dans le gros lourd qui tache. C'est un navet mais... un navet sympathique, qui bascule parfois - certes pendant de très brefs instants - dans le génie. Ou disons dans l'efficace. Les dialogues notamment sont surréalistes (tout le film ne tient que par ça en réalité). 
De la princesse qui exige que tout soit nettoyé parce qu'elle refuse d'être "secourue dans cette crasse", aux Trouducul (c'est un nom de famille) qui entourent Lord Casque Noir, en passant par "la" révélation du film (Casque Noir annonçant à l'un des personnages qu'il est le cousin du neveu du frère du père de son premier copain de chambrée), tout contribue finalement à dérider l'adolescent des années 80 et même l'adulte contemporain. 
C'est gentiment débile mais l'on ne peut s'empêcher de sourire la plupart du temps, voire même de lâcher régulièrement un petit ricanement. Ou un gros éclat de rire ! Et si en plus vous matez ça avec quelqu'un qui ne pige pas les références, c'est encore plus drôle. Parce qu'évidemment vous passez pour un idiot ("il rigole pour ça ??") et que la mine consternée des personnes présentes fait que vous riez encore plus... 

Si l'univers Star Wars est plutôt fascinant, les films le sont beaucoup moins et démontrent que l'action, même soutenue par quelques concepts sympa, ne suffit pas à rendre une histoire intéressante. S'en moquer, même de manière aussi "bourrine", reste aussi jouissif que salutaire. Il faut tout de même reconnaître que pour pouvoir s'en moquer, il faut que le matériel original ait connu un succès populaire (un succès tel que certains se l'approprient de manière assez effrayante parfois, cf. cet article).
La pop culture n'a pas que des aspects positifs. Elle glorifie parfois des œuvres qui ne semblent guère le mériter ou qui, au minimum, mériteraient d'être relativisées au lieu d'être érigées en absolus. 
Heureusement, la pop culture génère aussi souvent ses propres vaccins, non sous la forme - assez terrifiante et pathologique - d'acerbes exigences de fans, adressées à des auteurs en panique, mais bien par le biais d'une désacralisation artistique, certes percluse de défauts mais essentielle tout de même.
La parodie est encore la manière la plus polie de dire à ceux que l'on aime qu'ils ne sont pas parfaits.   

Guns & Apple Pie !  



  

25 juin 2014

La Tour Sombre : ce qu'il faut lire avant...

UMAC lance aujourd'hui une série d'articles qui, pendant plusieurs mois, vont explorer le vaste univers de La Tour Sombre, de Stephen King. Et il nous a semblé logique de commencer par quelques conseils de "lectures préparatoires".

Si vous connaissez déjà The Dark Tower grâce à l'adaptation comics qui en a été faite alors... vous ne connaissez pas réellement cette saga. En effet, la BD ne fait que résumer, très imparfaitement, les nombreux rebondissements décrits dans les romans. Et les comics échouent notamment à rendre la profondeur des personnages et même, chose curieuse, la beauté et l'étrangeté des lieux visités (cf. cette chronique consacrée à la version comics de Magie & Cristal).
Pour découvrir réellement cette fantastique épopée, il faut donc le faire par le biais des romans. A ce jour, huit livres constituent l'intégralité de la saga (à l'origine, il n'y en avait que sept, un huitième s'est récemment intercalé entre deux anciens tomes).

Si dans l'absolu l'on peut se lancer dans cette longue lecture sans rien connaître de l'œuvre de Stephen King, il est néanmoins souhaitable, pour pleinement profiter de l'ensemble, de commencer par quelques romans qui, en apparence, n'ont pas grand-chose à voir avec La Tour Sombre.
En réalité, si l'on cherche bien, l'on peut trouver des connexions avec The Dark Tower dans pratiquement tous les - nombreux - romans du maître. Et dans quelques nouvelles. Mais tous ne sont pas d'importance égale. Si une vague allusion n'est pas cruciale, certains personnages, concepts ou évènements, développés dans certains ouvrages, le sont bien plus.
Voici donc une sélection de ce qu'il semble souhaitable de lire et de ce que l'on peut laisser de côté.

Le premier ouvrage à lire avant d'aborder l'univers de Roland Deschain est Salem. C'est assez ancien puisqu'il s'agit du deuxième roman de l'auteur, publié en 1975. Il est question d'une histoire, classique mais habilement menée, de vampires. Comme souvent avec King, les personnages sont attachants et finement ciselés. Et le quotidien d'une petite ville apparemment banale va lentement basculer dans l'horreur. 
Si ce roman est si important, c'est en fait parce que l'un des personnages va jouer un rôle important dans La Tour Sombre. Même si ce qu'il a vécu est quelque peu résumé dans la saga, il va sans dire que connaître précisément les évènements dont il est question sera donc un plus. Et le roman en lui-même aura également son rôle à jouer (les barrières entre fiction et réalité étant largement abolies dans The Dark Tower).  

Le second ouvrage est un classique puisqu'il s'agit de The Stand, traduit en français sous le titre Le Fléau.
Cette fois, l'histoire est bien plus ambitieuse et verse dans l'apocalyptique : une super-grippe décime la quasi totalité de l'humanité. Quelques survivants, immunisés, s'organisent en deux camps qui ne vont pas tarder à s'affronter...
Ce livre est doublement important. Non seulement il y est question de Randall Flagg, "l'homme en noir" qui hante les pages de bon nombre d'histoires du Kingverse, mais le fléau dont il est question a également son importance dans La Tour Sombre. Ce n'est pas forcément essentiel, mais connaître ces faits permettra d'augmenter la portée dramatique (et la magie) de plusieurs scènes. 

Enfin, dans les indispensables, il serait compliqué de passer à côté d'Insomnie.
Il s'agit probablement de l'ouvrage ayant le lien le plus direct avec The Dark Tower puisqu'il y est notamment question du terrible Roi Cramoisi, ainsi que de concepts et personnages liés directement au dernier tome de la saga. Cela pourrait presque être en fait le préambule officiel de l'épopée. 
Dans les faits, il s'agit d'une excellente histoire, basée sur un lent basculement dans une autre réalité ou, au moins, une autre perception de cette réalité. Le thème, toujours complexe, de l'avortement y est également abordé.

Avec ces trois romans, Salem, Le Fléau et Insomnie, vous êtes paré pour aborder La Tour Sombre dans de bonnes conditions. Disons qu'il s'agit d'un "kit" minimum. Bien entendu, d'autres peuvent encore être conseillés. 
J'ai longtemps hésité à mettre Ça (It) dans les indispensables. Pour une raison fort simple, c'est à mon humble avis LE chef-d'œuvre absolu de King, inégalé à ce jour. Tant sur le plan narratif et technique qu'émotionnel, ce roman est une pure merveille. L'adolescence (ou l'enfance) y est décrite avec le charme de la nostalgie mais aussi toute la violence de cette période cruciale. Mais, surtout, "ça" fait peur, c'est le cas de le dire.
Il y a bien quelques passerelles vers La Tour Sombre, mais objectivement, elles ne sont pas fondamentales. Sauf si l'on considère aussi le fait que King est un personnage de La Tour Sombre, et que donc lire l'un de ses meilleurs romans ne fera pas de mal. ;o)

Certains pourront s'étonner aussi de l'absence de Shining dans les romans conseillés, alors que le shining est constamment présent dans la saga. Une explication s'impose. Le shining est une sorte de clairvoyance, de télépathie, qui fait en effet le lien entre certains personnages de The Dark Tower et le roman Shining. Néanmoins, Shining (et sa récente suite, Doctor Sleep) n'ont pas de rapport direct avec la saga. Et le pouvoir en question y étant très bien décrit, il n'est donc pas indispensable de lire Shining, sauf si bien sûr, vous avez envie de lire un bon roman (ne croyez surtout pas le connaître si vous avez vu la... "version" de Kubrick, ça n'a aucun rapport, on se demande même pourquoi le réalisateur a tenu à se baser sur ce roman, dont il n'a retenu que le cadre).

Enfin, Les Yeux du Dragon, un conte très heroic fantasy, a également plusieurs liens avec le monde de The Dark Tower. Il peut néanmoins très bien se lire après, en "complément". 
Quant aux nombreux romans dans lesquels des "morceaux" de Tour sont distillés (Bazaar, Roadmaster, Sac d'Os, Rose Madder...), il vous appartient de décider s'ils vous font ou non envie.

Voici donc le tiercé (voire quarté) conseillé, dans l'ordre (de lecture, pas d'importance) : Salem, Le Fléau, Insomnie, plus Ça pour ceux qui ne sont pas trop impatients de commencer.
Cette sélection a également un autre but, quelque peu caché. En effet, Le Pistolero, le premier tome de La Tour Sombre, n'est pas un grand Stephen King. De l'aveu même de l'auteur, il faut "s'accrocher" un peu pour basculer dans l'univers de Roland et de son ka-tet. Aussi, lire quelques bons romans de King avant de vous lancer à l'assaut de son Everest vous permettra non seulement d'y évoluer avec plus d'aisance mais, certainement aussi, plus de confiance.

Tel un Pistolero, vous êtes au début de votre quête. 
Si vous faites vos premiers pas en empruntant les quatre histoires conseillées en pré-lecture, et que bien entendu vous continuez ensuite avec les huit romans de La Tour Sombre, vous voilà avec pas moins de douze très bons livres pour l'été (ou l'année à venir, suivant votre rythme). Douze est un bon chiffre, car il y a douze Gardiens qui... oh, mais je m'égare sai. J'implore votre pardon car il ne m'appartient pas de conter l'histoire de Roland Deschain de Gilead, serviteur du Blanc, descendant de la lignée de l'Eld et dernier pistolero d'un monde qui a changé. Cela a été fait, et de belle manière. Si fait, quelle heureuse rencontre que celle que pourra faire le Lecteur avec ce Conte Ultime, peuplé de mages et de robots, de démons et de chevaliers. Il y aura des pleurs, des sourires, des frissons, et à la fin, comme toujours, quelques cicatrices et un brin de nostalgie. Car l'on ne ressort pas indemne d'une telle quête.
Je vous envie, car je connais le Chemin que vous allez parcourir. Et il est plein de merveilles...
Que vos jours soient longs, vos nuits plaisantes et vos lectures agréables !





24 juin 2014

Ma part


Le réveil affichait sept heures lorsqu’il se mit à sonner et à vibrer sur la table de nuit. Une petite danse mécanique et matinale qui prit fin lorsque Joshua l’arrêta d’une petite tape sur le dessus. C’était le mercredi matin et comme tous les garçons de onze ans, Joshua devait se préparer pour aller à l’école primaire. La main encore sur son réveil, le jeune garçon ouvrit les yeux peu à peu, déçu d’abandonner si vite les bras de Morphée. Et pour cause, dès qu’il fut réveillé, il le sentit à nouveau, ce malaise, cette douleur poignante qui lui déchirait les entrailles. C’est donc avec une main sur un ventre très endolori que Joshua sortit du lit. Cette douleur, il ne la connaissait que trop bien. Ce n’était pas la première fois qu’il la ressentait mais il n’était pas pour autant capable de l’apprivoiser. Pourtant, le soir d’avant, Joshua avait essayé et il y était presque parvenu ! Il se donnait corps et âme à chaque instant mais sa bonne volonté était instantanément balayée par une force qui le dominait totalement. Une force qui le destinait à ridiculiser toute sorte de Gargantua. Tel un supplicié, Joshua semblait n’être sur cette Terre que pour une seule chose et, fidèle à ce rôle mythologique, il s’exécutait et effectuait inlassablement les mêmes gestes chaque jour et donc, les mêmes erreurs. Sans savoir pourquoi, sans motivation aucune, sans pouvoir résister. Un être maudit.
Debout, le jeune garçon se dirigea vers la fenêtre. Ses pieds nus écrabouillèrent quelque chose. Il savait de quoi il s’agissait. C’était les restes d’un paquet de gâteaux à la vanille décimé la veille. Bientôt, il allait marcher sur autre chose, le paquet de chips ou alors les quelques papiers de barres chocolatées qui s’accumulaient à côté de son lit. Ça aussi, il le savait. Arrivé à la fenêtre, il ouvrit les volets et laissa cette dernière entrouverte. Il ne fit pas attention aux cadavres de nourritures qui parsemaient sa chambre et rejoignit la salle de bain. Là, il évita le miroir accroché au mur et monta immédiatement sur le pèse-personne. Sans aucune surprise, Joshua découvrit comme tant d’autres matins qu’il avait grossis. L’enfant caressa son ventre de la main droite pour tenter de calmer la douleur. En vain. La nourriture et le reste avaient eu raison de lui hier soir. Tout en se lavant les dents, le jeune garçon alluma son poste radio.

« Balance. Santé, attention à ne pas trop vous lâcher… »

Sur ces mots, Joshua éteignit la radio avec une certaine colère. « Merci du conseil », pensa-t-il ironiquement. L’enfant sortit de la salle de bain puis alla enfiler son jogging et son pull noir. Une tenue qu’il ne quittait plus depuis quelques semaines malgré les moqueries de ses camarades de classe et les remarques de sa maîtresse. En premier lieu, il l’avait mise pour être à l’aise. Quelques jours plus tard, c’était pour tenter de dissimuler les quelques kilos qu’il avait pris. A présent, ce n’était plus une option. Ces vêtements étaient devenus les seuls qui lui allaient encore.
Habillé et son sac sur le dos, il descendit les marches en bois qui grincèrent sous chacun de ses pas. Il donna une caresse à Moïse, le cavalier king charles de la famille, et rejoignit la cuisine. Il posa son sac sur la table en faisant très attention de ne pas faire de bruits car comme il en avait pris la mauvaise habitude, son père s’était encore endormi la nuit précédente devant la télévision et n’était donc qu’à quelques pas de là.
Face au frigo, Joshua hésitait. Il repensait à son horoscope. Si de premier abord il avait pensé que celui tout en haut s’était moqué de lui, il se disait à présent que c’était peut-être le signe qu’il attendait. Peut-être que le moment d’apprendre à se contrôler était venu. L’enfant hésita longuement mais comme il s’en doutait, il n’allait pas pouvoir faire grand-chose. Il avait faim. Le garçon tendit la main et sortit une brique de lait et deux yaourts à la pistache. Devant le placard adjacent, il se mit sur la pointe des pieds et sortit un paquet de gâteau au chocolat ainsi que sa boîte de céréales préférée. Il versa la moitié des céréales dans son immense bol, offert tout récemment par son père avant de noyer le tout dans un demi-litre de lait. Joshua, cuillère en main, entama  alors son petit déjeuner tout en fouillant dans le paquet pour trouver le fameux cadeau-surprise. Il ne lui manquait plus que « Libra », son personnage préféré d’un dessin animé à succès du moment, afin de compléter sa collection. Mais cette fois encore, il allait devoir retenter sa chance plus tard. Il avait à nouveau reçu un aimant représentant « Gemini », l’anti-héros.
Quelques dix minutes plus tard, et ce malgré le déjeuné copieux qui avait été préparé, Joshua avala son deuxième et dernier yaourt avant de débarrasser la table. Il était sur le point de déposer son bol et sa cuillère dans l’évier lorsque, par mégarde, il le laissa tomber par terre. Joshua fit volte face et regarda fixement son père. Il dormait toujours. Le jeune garçon s’empressa alors de ramasser les éclats qui s’étaient éparpillés un peu partout au hasard dans la cuisine. Il mit tous ces restes dans un sachet qu’il engouffra rapidement dans son sac à dos puis rejoignit la porte lorsqu’un nouvel objet heurta le sol. Le père du jeune garçon s’était retourné et d’un mouvement trop brusque, avait donné un coup dans la petite table à côté de lui. Trois de la douzaine de canettes de bières qui étaient entreposées là, tel un trophée, venaient de se briser sur le sol. « Fausse alerte », pensa-t-il avant de refermer la porte sans bruit aucun. Calmé mais pas encore tiré d’affaire, le jeune garçon rejoignit le jardin de Monsieur Vasnetsov, son voisin d’en face. Il reprit son sachet en main et le plongea au fin fond de la poubelle de ce dernier. Mais même si Joshua essayait tant bien que mal de gagner du temps, il avait bien conscience au fond de lui que quoi qu’il puisse faire, il allait avoir une nouvelle « discussion » avec son père très prochainement.
Ainsi, et avec l’esprit à peine plus allégé, Joshua rejoignit enfin l’arrêt de bus. Là, comme à son habitude, il sortit une barre chocolatée de son sac à dos et s’assit sur le trottoir, à quelques mètres de l’arrêt, dans une petite impasse qui ne voyait que très peu de passants. De là et en restant discret, il pouvait observer la route et les autres jeunes adolescents attendant le bus mais surtout, il pouvait les voir sans que ceux-ci puissent le voir lui. « Abandonnes tout espoir toi qui t’approche de l’arrêt de bus », pensa-t-il en son fort intérieur sur le ton de la résignation.
Ce n’est que quelques instants plus tard que le bus arriva enfin. Patrick, le chauffeur attitré de ce trajet depuis bientôt douze ans, fit entrer les enfants qui attendaient à l’arrêt puis patienta encore quelques secondes, le regard rivé sur le rétroviseur droit, observant l’image de Joshua qui se rapprochait de plus en plus. Une fois à l’intérieur, Patrick lui fit un clin d’œil, un sourire non dissimulé ainsi qu’un « Salut, Joshua » très enjoué. L’enfant salua Patrick comme tous les matins, le remercia de l’avoir attendu avant de se retourner vers le reste du bus qui n’avait pas fait attention à lui. Le bus, un véhicule de transport en commun pouvant transporter plusieurs dizaines de passagers. Pour la plupart des gens en tout cas. Car pour Joshua, le bus n’était rien d’autre qu’un lieu où cris et chahuts se mélangeaient pour façonner une sorte de brouhaha presque animal. Et dans tout règne animal, si l’on est trop faible, trop lent ou trop stupide, la suite des évènements ne se fait pas attendre : on se fait bouffer ! Joshua avait cette image des animaux qui prenaient un malin plaisir à poursuivre leur proie, tiraillés entre la faim et l’envie toute simple de se défouler. Il savait bien que sa place était loin, très loin d’être au sommet de la chaîne alimentaire mais il n’y pouvait rien. Les faibles étaient destinés à être avalés par les plus gros et comme tout petit animal, Joshua n’espérait plus qu’une chose, se faire avaler le plus tard possible. Le jeune garçon fit ses premiers pas dans cette petite jungle et s’installa discrètement à la première place libre dépourvue de voisin.
            Dans la cour de récréation, Joshua se mit une nouvelle fois à l’écart. Il vit de loin Sylvie, Amanda, Lionel et d’autres enfants de sa classe jouer mais ne voulut pas les rejoindre. Il préféra s’asseoir seul, à l’abri des regards, pour manger deux barres chocolatées. « Les deux dernières », s’était-il dit. « Cette fois, je tiendrai bon ! ».
            Lorsque la cloche sonna enfin, Joshua rejoignit le reste de sa classe en baissant la tête. Sans dire un mot à ses camarades, il se plaça aux côtés d’Estelle. Les enfants étaient à présent deux par deux devant leur maîtresse d’école respective. Pour Joshua, il s’agissait de madame Gaboro. Une dame assez âgée et plutôt sévère mais que les parents d’élèves jugeaient compétente à l’unanimité. Cette dernière leur dit bonjour en souriant tout en comptant les élèves avant de les faire monter dans le silence. A l’intérieur de la salle de classe, Josha prit sa place, toujours en évitant de croiser le regard de la maîtresse. Par chance, il était un peu plus grand que la moyenne et avait donc été placé au fond de la salle. Il était sauvé.
— Qui peut me dire ce que nous avons vu hier ? demanda la maîtresse après s’être intéressée rapidement à ce que les enfants avaient fait la veille au soir.
— On a fait du calcul mental.
— Très bien. Qu’avons-nous vu d’autre ?
— Une dictée super difficile, intervint un autre.
— Elle était si difficile que ça ? Elle était très facile, oui ! répondit la maîtresse.
Les voix des enfants se firent entendre à l’unisson afin de montrer leur mécontentement.
— Elle était longue et y’avait plein de mots ! hurla l’un.
— « Superstition », on pouvait pas l’écrire, on ne savait même pas qu’il existait ! hurla un autre.
— C’était le seul mot compliqué de la dictée. D’accord, d’accord, nous prendrons plus de temps lors de la correction si elle vous a semblé difficile.
Voyant que personne n’avait rien remarqué, Joshua commença à baisser sa garde. Tout semblait aller pour le mieux. Par contre, il n’en pouvait déjà plus. Il avait faim. Il n’avait pas envie de sortir une nouvelle barre chocolatée. Il ne voulait pas que l’on se moque de lui. Mais il n’y pouvait rien. Son ventre criait famine. Comme si son organisme manquait de sucre, c’est une main tremblante qui sortit une barre chocolatée de son sac. Il ouvrit le papier discrètement et approcha le chocolat des lèvres.
—  Non mais c’est pas vrai, hurla la maîtresse d’école qui fit sursauter toute la classe. C’est la troisième fois cette année ! Joshua, tu viens tout de suite avec moi !
    Maîtresse, je…
— Dépêche-toi ! Marie, tu vas prévenir le professeur de la salle voisine qu’il doit surveiller également ma classe un instant.
Joshua fourra son chocolat dans la bouche et suivit la maîtresse jusqu’au rez-de-chaussée. Elle s’arrêta devant la porte la plus proche de l’entrée de l’école. Les battements de cœur de Joshua s’accélérèrent lorsque la maîtresse toqua. Il s’agissait du bureau de la directrice. Cette dernière, qui vit immédiatement ce qui n’allait pas, accourut vers Joshua.
    Qu’est-ce qu’il s’est passé, Judith ? demanda la directrice.
    Il est venu comme ça à l’école.
    Tu as mal ? demanda la directrice au jeune garçon.
    … Non.
    Tu en es sûr ? Ton père est au courant ? Il s’est occupé de toi ?
    Oui, oui, il n’y a rien de grave. Je suis tombé dans les escaliers.
    Non ! lâcha la directrice. Ça commence à bien faire ! C’est encore Lionel ?
Le jeune garçon garda le silence. Il avait chaud.
    Allez chercher Lionel, Judith.
La maîtresse revint bientôt avec le garçon.
— Lionel, fit la directrice. Je vais te poser une question et je ne vais te la poser qu’une fois. Est-ce que c’est toi qui a frappé Joshua ?
L’enfant ne répondit pas.
    Tu t’es battu avec Joshua, oui ou non ? demanda la directrice.
    Mais oui mais c’est de sa faute aussi, protesta le jeune garçon.
— Tu plaisantes, j’espère ? Dis-moi que tu plaisantes ! Non mais tu as vu ce que tu lui as fait ? reprit la directrice.
Lionel regarda en direction de Joshua et plus précisément du coquard qu’avait le jeune garçon au niveau de l’œil gauche. Il voulut répondre mais la directrice ne lui en laissa pas le temps. Elle demanda si cela s’était passé à l’école ce à quoi il répondit par un signe affirmatif de la tête.
— Je vais encore devoir convoquer ton père ! Tu n’en as pas assez ? Judith, ramenez-le en cours. Je ne veux plus le voir avant demain matin lorsque je discuterai avec son père.
Alors que Lionel était raccompagné par la maîtresse, la directrice demanda encore des détails sur la bagarre. Comme Joshua préférait rester vague, elle décida de le raccompagner à son tour en salle de classe.  
Quelques heures plus tard, la journée s’acheva enfin. Une journée durant laquelle Joshua avait encore englouti en catimini une quinzaine de barres de chocolats. A l’extérieur de l’école, il posa son sac au sol et s’adossa contre le mur. Si des parents repartaient déjà avec leurs enfants, Joshua savait pertinemment que son tour n’allait pas être pour tout de suite. Il devait attendre l’arrivée de son père encore une quarantaine de minutes après la sonnerie. Trente s’il avait de la chance.
Dix minutes plus tard, Joshua se retrouvait déjà seul devant l’école. Le jeune garçon allait s’asseoir par terre lorsqu’on l’interpella. C’était Lionel qui s’était dépêché de déposer son sac afin de revenir le plus rapidement possible devant l’école. Il se dirigeait d’un pas rapide vers Joshua qui, de son côté, ne le quittait pas des yeux.
— Cette connasse de directrice a appelé ma mère, fit-il toujours en s’approchant de l’autre enfant.
Joshua commença à paniquer.
    Je ne voulais pas, je…
— Je suis puni de télévision pendant un mois ! Un mois, répéta-t-il. Et encore, mon père n’est pas rentré du travail. Il va me tuer lorsqu’il va apprendre tout ça, putain.
— Je m’excuse, Lionel. J’ai tout fait pour qu’ils ne remarquent rien. Je voulais que ça reste entre nous, répondit Joshua tandis que Lionel n’était plus qu’à quelques pas de lui à présent.
— On peut pas continuer comme ça. Amis ou non, j’en ai assez d’être toujours puni pour rien. Tu n’as qu’à dire quel autre enfant te frappe vraiment. Moi, j’arrête ! A partir de maintenant, je ne dirai plus que c’est moi qui te frappe. Tu vas devoir te débrouiller tout seul ou dire toute la vérité.
Sur ces mots, Lionel repartit. Joshua se sentit abandonné. Il avait l’impression que son seul ami de l’école, venait de lui tourner le dos. Et ce n’était pas l’unique problème. La faim était de nouveau là. Vaincu, il ouvrit son sac et y plongea sa main, une nouvelle fois tremblante. Après quelques instants, Joshua arrêta de chercher. Sa main n’avait rien trouvé. Le jeune garçon ouvrit entièrement la fermeture éclair de son sac à dos avant de le vider au sol. Plus rien. Et sa faim devenait incontrôlable. Il se sentait de plus en plus faible. Joshua regarda dans la poubelle qui se trouvait à côté de lui mais n’y trouva rien. Il remit tout dans son sac et voulut rejoindre les quelques passants qui marchaient au loin lorsque ses jambes refusèrent de faire un pas de plus. Il tremblait à présent de tout son corps. Sans perdre une seconde de plus, Joshua rouvrit son sac, sortit son agenda et en arracha des pages entières qu’il mit en bouche. Une journée, puis trois, puis une semaine, puis trois semaines, puis deux mois,… Il ne parvint à reprendre le contrôle de son corps qu’après avoir avalé la moitié de son agenda. Cette faim qui le tiraillait semblait revenir beaucoup plus souvent que par le passé.

épisodes précédents
1. Le compte à rebours final

à suivre... (d'ici deux à trois semaines)

20 juin 2014

Super Crooks : Millar & Leinil Yu en remettent une couche

Visiblement, on ne change pas une équipe qui gagne.

Le duo d’artistes officiant sur Superior 1 et Superior 2 se retrouve aux commandes d’un nouveau récit, publié en France dans la même collection (« Best of Fusion Comics ») chez Panini. J’avoue que la simple mention de Millar au-dessus du titre a attiré mon attention, d’autant que personne encore chez UMAC n’avait évoqué ce nouveau titre. C’est qu’une actualité de ce scénariste aussi talentueux que tapageur est difficile à rater, surtout lorsqu’on s’évertue désormais de ne prendre que le dessus du panier de la production de comic-books, suivant d’abord les conseils de mes partenaires blogueurs, ceux de mon libraire puis la lecture d’une 4e de couverture tempérée par mon humble expérience. Millar, s’il n’a pas fait l’unanimité chez moi (encore moins chez Neault) jusqu’ici, a tout de même eu le mérite de proposer des pitchs ultra-accrocheurs qui conduisent à des débuts toujours prometteurs, sa verve et son côté iconoclaste parvenant à construire des situations enthousiasmantes. Toutefois, ses prises de position radicales lorgnant davantage vers le sensationnalisme et des conclusions régulièrement décevantes ont tendance à me rendre circonspect devant ses œuvres.
Bref, il s’agit de ne pas foncer tête baissée, ce pourrait être un énième piège tendu par Millarworld Limited pour nous cueillir au portefeuille. L’argent, justement, est au cœur de ce récit qui se déroule dans un univers apparenté à celui de Wanted, avec cette volonté manifeste (et récurrente chez lui, comme chez quelques-uns de ses confrères contemporains) de rationaliser le monde super-héroïque en le banalisant et en explorant les conséquences. Dans Super-Crooks, les pouvoirs existent, de toutes sortes et toutes magnitudes. Ceux qui en sont dotés en usent, parfois pour le salut de l’Humanité, parfois dans leur propre intérêt : il y a donc des super-héros et des super-vilains, ces derniers semblant plus nombreux mais généralement de moins grande envergure. 
Un background d’un classicisme éhonté, presque contestataire, n’est-ce pas ? Sauf que là, ce sont les méchants qu’on va suivre, un groupe de super-vilains à la petite semaine, menés par un Johnny Bolt en sous-Electro racoleur et futé, lequel, afin de sauver la mise à un des leurs qui s’est fait piquer, monte un projet ambitieux après s’être pris une pile par le Gladiateur. C’est qu’à force de voir leurs casses systématiquement stoppés par le premier encapé, ils en ont marre, nos bad guys : marre de se prendre des torgnoles, marre de se ridiculiser, marre de se faire enfermer comme le premier voleur à la tire venu. Comment faire, alors ? C’est bien simple (et pourquoi les super-vilains Marvel/DC n’y ont jamais pensé ?) : il suffit d’opérer là où il n’y a pas de justicier ! Pleine de bon sens et d’à-propos, voilà donc notre fine équipe en train de se monter façon Ocean’s Eleven (facile de persuader des gars obligés de se planquer pour user de leurs pouvoirs) – certains y trouveront un faux-air de Insaisissables et ils auront bien raison, ces losers magnifiques ayant assez de charisme pour susciter au moins la sympathie. D’autant qu’ils vont s’en prendre au Bâtard, c'est-à-dire au plus grand super-vilain de tous les temps, qui vit une retraite paisible en Espagne, « là où il n’y a pas de super-héros ».

Très vite, le scénario affiche ses références, et le lecteur un tant soit peu averti comprend très vite qu’il se retrouve devant une histoire de casse dans laquelle tous les coups sont permis, mais surtout qu’il devine moins aisée qu’elle n’en a l’air, que les motivations du leader vont bien au-delà de la simple entraide et qu’il y aura forcément des surprises et des atouts dissimulés dans les manches. En fait, il n’y a rien de nouveau pour qui a l’habitude de ce genre de trames, hormis le fait que les protagonistes ont des pouvoirs et qu’ici, on assistera à des explosions de crâne dignes de Scanners ainsi qu’à une très sanglante course à qui perdra le moins de membres.
Le finale est écrit à l’avance, à coup de faux-semblants malins et de retournement de dernière minute accumulant les invraisemblances. Ensuite, c’est encore plus classique, presque ringard dans la manière dont se nouent les dernières intrigues.
Est-ce mauvais pour autant ? Certes non. Ca se lit très vite, c’est mené tambour battant, avec ce qu’il faut d’humour dans les dialogues, un zeste de violence et pas mal d’hémoglobine (un truc que Leinil Yu maîtrise sans peine, même s’il reste toujours aussi peu intelligible dans sa gestion des combats). C’est terriblement efficace, agréable et rafraîchissant. Néanmoins, quand bien même il ne se prive pas d’évoquer certaines déviances chez les plus grands super-héros, il n’a pas la portée d’un the Boys et ne cherche pas à étoffer son histoire par un sous-texte critique. C’est donc une réussite d’un point de vue formel, mais c’est si peu novateur et enrichissant que ça en devient frustrant, agaçant voire énervant. Millar vaut, et peut, bien mieux.


+ Ocean’s Eleven avec des pouvoirs 
+ un pitch accrocheur
+ une bonne dose d’humour
+ du sang et de la bidoche
- du déjà vu et revu dans les grandes histoires de casse
- un univers sous-exploité
- des situations parfois peu lisibles

Avengers : Disassembled

Un nouvel arc à ne pas manquer, dans la collection Marvel Comics de Hachette, avec Avengers : La Séparation.

Voilà une borne chronologique très importante pour l'univers Marvel, qui marque l'arrivée de Brian Michael Bendis (cf. cet article) sur les séries Avengers et prépare le terrain pour le futur House of M. C'est d'ailleurs ce récit qui ouvre la chronologie Marvel présente sur ce site.
Voilà déjà dix ans que cette "séparation" spectaculaire a eu lieu, signant le basculement de la Maison des Idées dans l'ère moderne, avec des récits plus adultes et ambitieux (jusqu'à Civil War et ses suites directes, avant la période de stagnation que l'on connaîtra ensuite).
Et en plus de la valeur historique, la saga est bien écrite et plutôt spectaculaire.

Les Vengeurs subissent de plein fouet plusieurs attaques. Leur manoir part en fumée, She-Hulk devient folle et tue l'un de ses collègues, des Ultron débarquent en masse, suivis d'extraterrestres Kree belliqueux. Plusieurs membres du groupe perdent la vie. Pire encore, l'image même de l'équipe va se dégrader. En effet, Tony Stark, alias Iron Man, alors qu'il est à l'époque ministre de la défense, pète les plombs et menace de tuer l'ambassadeur de Latvérie en pleine séance de l'ONU. 
Des sanctions internationales tombent, Stark ne peut plus financer le groupe, plusieurs Vengeurs font part de leur désir de passer à autre chose... c'est la fin d'une époque.

C'est David Finch qui officie, en tant que dessinateur, aux côtés de Bendis. C'est peu de dire que ses planches sont superbes et rendent l'épopée spectaculaire. D'autres artistes sont également présents sur Avengers Finale, l'épisode qui conclut la saga et revient sur les grands moments de l'équipe. Alex Maleev, Michael Gaydos, David Mack, Steve McNiven, Eric Powell et bien d'autres sont de la partie, ce qui renforce encore l'aspect hommage et "fin de règne" du récit.
Récit d'ailleurs mené brillamment par un grand Bendis qui lancera dans la foulée les New Avengers (cf. ce deluxe, qui compilait Disassembled et les premiers numéros de la nouvelle série).
Tout est subtilement dosé et harmonieusement placé, de l'émotion d'un Hank Pym qui veille son ex-compagne blessée, jusqu'à l'humour - traditionnel mais efficace - d'un Spidey (cf. scène #1 du Bêtisier) qui commente une situation pourtant dramatique. 

Evidemment il y a énormément de protagonistes et un bon nombre de références au passé prestigieux des Vengeurs, ce qui peut parfois perdre un peu le lecteur novice. La narration et l'intrigue sont cependant suffisamment claires pour que, même sans connaître les personnages secondaires qui interviennent régulièrement, chacun puisse comprendre l'importance de ce qui se trame.
Niveau bonus, pas grand-chose. C'est même le service minimum : deux pauvres pages sur Bendis et son arrivée sur le titre. Bon, on peut quand même rajouter à ça le "point sur la situation", au début de l'ouvrage, sur lequel on trouve des infos vraiment succinctes sur la composition de l'équipe (un portrait de chaque membre et son nom). Rajouter ne serait-ce que leurs pouvoirs aurait été un plus.
Quant à la VF, elle est plutôt correcte à part la disparition, une fois sur deux, de l'adverbe de négation "ne", ce qui donne l'impression que les personnages sont aussi demeurés que des candidats de télé-réalité (cf. ce petit rappel sur les effets pervers de la dégradation volontaire d'un texte dans les dialogues). 

Au final, il ne s'agit pas réellement d'un arc complet mais plutôt d'un moment, certes important et même émouvant, arraché à une continuité complexe. 
Excellent en tout point, et donc forcément conseillé.

+ de l'action grandiose
+ une écriture inspirée et efficace
+ richesse de l'aspect relationnel entre les personnages
+ historique, tout simplement...
- des bonus peu nombreux, quant à ceux qui sont présents, ils manquent de détails





   

18 juin 2014

Ten Grand

Le premier tome de Ten Grand, la nouvelle série de Straczynski, sort aujourd'hui chez Delcourt.

Joe Fitzgerald est un ancien homme de main de la mafia. Il avait l'habitude de s'occuper de la "concurrence" de manière définitive. Malheureusement pour lui, il est un jour tombé sur la mauvaise personne. Sa cible s'étant défendue en invoquant des démons, ces derniers massacrent Joe et Laura, la femme dont il était éperdument amoureux.
Un ange propose alors un marché à Joe. S'il accepte de remplir certaines missions, afin de se racheter, s'il meurt en juste, alors il pourra revoir, pendant cinq petites minutes, la femme qu'il aime. 
A chacune de ses morts l'attend donc la souffrance mais aussi la douceur de revoir Laura. 

Voilà une bonne pioche pour Delcourt qui met à l'honneur l'immense J.M. Straczynski (Amazing Spider-Man, Superman : Terre-Un, The Twelve, Bullet Points). Après les rééditions de Midnight Nation et Rising Stars, et en attendant Sidekick, qui devrait sortir début 2015, c'est donc Ten Grand qui débarque en librairie.
Aux dessins, l'on retrouve Ben Templesmith et C.P. Smith. Le premier a un style particulier, que l'on avait pu découvrir dans Fell ou, plus récemment, Bienvenue à Oxford. Là encore on va retrouver les mêmes effets, jouant sur la laideur, l'absence de profondeur ou la déformation. Tout le monde n'appréciera pas forcément, mais le résultat obtenu, glauque et inquiétant à souhait, convient parfaitement à cet univers.
Le changement de style, avec Smith, est assez radical mais justifié par le récit et son aspect irréel et onirique.

L'histoire, quand à elle, est relativement simple en apparence. Des anges et des démons se tirent la bourre et le personnage principal se débat au milieu, tentant de retrouver sa belle par intermittence. L'on pourra y voir avec raison un cousinage thématique avec Hellblazer
Ce premier arc, de six épisodes, démarre sur une enquête flirtant bien entendu avec le paranormal. Une jeune fille engage Joe pour retrouver sa sœur, disparue et probablement en danger à cause d'une secte dont elle faisait partie et qui commençait à l'effrayer. Straczynski est efficace dès les premières planches, installant rapidement le personnage principal à l'aide de dialogues inspirés et de quelques flashbacks dévoilant peu à peu son passé chaotique. On peut être plus réservé sur la narration à la première personne, qui a tendance à alourdir certains passages, sans forcément donner beaucoup d'informations en plus. L'ensemble aurait certainement gagné en fluidité et en élégance avec quelques pavés de texte en moins.

Evidemment, les anges ne sont pas aussi... "angéliques" que leurs noms pourraient le laisser penser, et c'est donc dans un milieu étrange et malsain que Joe va se débattre entre deux morts violentes. Pour le moment, l'intrigue se met en place, dévoilant les méthodes de chaque camp et expliquant divers concepts angéliques ou démoniaques. Plutôt bien fichu même si l'ensemble a un petit côté déjà-vu.  
La traduction est très bonne si l'on excepte une ou deux petites coquilles. L'ouvrage est complété par une galerie d'illustrations et des variant covers.

Une jolie love story surnaturelle sur fond d'affrontement entre le paradis et l'enfer. 
Sympathique sans être révolutionnaire.

+ excellente ambiance graphique
+ dialogues bien écrits et non dénués d'humour
+ des concepts intéressants (les morts multiples, le fleuve...)
- une narration parfois inutilement alourdie
- une gênante et persistante impression de déjà-vu 

   



16 juin 2014

Avant-Première : Batman & Robin

Le mois prochain sort, en librairie, le premier tome de Batman & Robin. Une occasion de voir Batman faire équipe avec son propre fils.

Le plus célèbre des sidekicks reste probablement Robin. Mais, si vous n'êtes pas un adepte des comics estampillés "Dark Knight", peut-être ignorez-vous que le justicier de Gotham a, en réalité, bénéficié de la compagnie de plusieurs acolytes différents.
Dick Grayson (aujourd'hui Nightwing), Jason Todd (tué par le Joker), Tim Drake (devenu Red Robin) et même la turbulente Stephanie Brown (alias Spoiler) ont alternativement revêtu le masque de Robin.
Aujourd'hui, le rôle est tenu par Damian Wayne, le propre fils de Bruce.

L'on comprendra aisément que la série soit basée sur les houleuses relations père-fils des principaux protagonistes. Il se trouve que, si Batman peut parfois être un papa maladroit, son rejeton, formé par la Ligue des Assassins, est aussi doué pour la castagne qu'horripilant. 
Surtout, il est encore fort jeune et n'a pas les mêmes convictions morales que son paternel. Il va notamment faire usage d'une violence excessive à plusieurs reprises.
Et il n'en faudrait pas beaucoup pour qu'il bascule vers une radicalisation totale.

Les dessins, plutôt sympa et efficaces, sont de Patrick Gleason. Le scénario est de Peter Tomasi (que l'on a pu voir à l'œuvre sur Green Lantern Corps ou War of the Green Lanterns).
Si Tomasi ne va pas chercher une thématique bien originale (faut-il ou non buter les criminels ?), il parvient néanmoins à développer une intrigue agréable et à rendre compte des difficultés relationnelles du tandem de super-héros. L'utilisation de Personne, alias Morgan Ducard, permet d'offrir une scène d'introduction musclée tout en pimentant un peu la réflexion et le cheminement personnel du jeune Damian. L'on peut regretter le dénouement, franchement téléphoné, mais le tout se lit vraiment avec plaisir.

Rappelons que Damian avait déjà fait équipe avec Batman, dont le rôle était à l'époque tenu par Grayson (cf. Batman Universe #3). Cette fois, le lien de parenté qui unit les deux encapés permet d'enrichir le personnage de Robin. Damian n'est plus seulement un gosse antipathique et surdoué, mais un gamin qui doute, fait des erreurs et éprouve des sentiments très contradictoires à l'égard de son père.
Devoir seconder Batman (ou, pire encore, rêver de l'égaler) n'a rien d'évident. En montrant non pas seulement les caprices ou les vantardises de Damian mais aussi ses failles, Tomasi parvient à l'humaniser et à le rendre (presque) sympathique. 

Si vous n'êtes pas un lecteur assidu des séries Batman et ne connaissez pas son fils, rassurez-vous, tout est tout de même parfaitement compréhensible. L'on a droit à un rappel, heureusement rapide, des origines, à quelques flashbacks - utiles dans le contexte - sur l'entrainement de Bruce Wayne, mais globalement, même s'il est fait une rapide allusion à Batman Incorporated, cet arc peut se suivre sans réelles connaissances préalables.  

L'ensemble est donc accessible, bien mis en scène et maîtrisé. Il manque peut-être une touche de folie qui aurait pu permettre de sortir des sentiers battus et du prévisible. 
A recommander tout de même.
Sortie, chez Urban Comics : 11 juillet 2014.

+ de belles planches et des plans aux effets percutants
+ un Robin intéressant, qui peut être aussi inquiétant qu'émouvant
+ une ambiance sombre et violente, avec du sens en prime
- très (trop ?) classique dans le déroulement       





14 juin 2014

Recrutement... et point sur le blog

Ceux qui suivent ce blog depuis un moment ont pu se rendre compte que les nouveautés étaient nombreuses ces derniers mois. Il me semble qu’il est temps de faire un point pour préciser ce que l’on fera, ce que je ne ferai plus personnellement, et ce que UMAC va devenir.

Tout d’abord, vous l’avez sans doute remarqué si vous êtes des fidèles, j’ai personnellement délaissé le kiosque depuis quelque temps. Et j’annonce, entre les lignes, dans cet article, que je vais lâcher la dernière revue qui m’y reliait. Je continuerai à piocher de temps à autre dans la librairie (et donc à chroniquer des comics), mais ce sera plus rare.
Ce blog en est à sa neuvième saison, ce qui doit en faire l’un des plus anciens consacrés au sujet. Ce n’est que l’année dernière que j’ai commencé à intégrer d’autres rédacteurs, souvent des amis qui m’ont fait l’honneur d’accepter de m’accompagner et d’apporter leurs idées et leurs visions, mais qui ont aussi tous des impératifs qui font que je reste le principal contributeur.
Pendant de nombreuses années, j’ai maintenu le rythme affolant de plus de quinze articles par mois en moyenne. Cela veut dire plus d’une chronique, en général longue et construite, publiée tous les deux jours. Je n’en tire aucune gloire car c’est là, chez moi, l’effet d’une passion. Lorsque je me lance dans quelque chose, j’essaie de le faire bien. Et surtout, je suis porté par l’intérêt que je voue au sujet.

Cette passion, cet intérêt, aujourd’hui s’émoussent. J’ai l’impression d’avoir fait, au moins un peu, le tour du sujet. Je me suis intéressé à l’humour dans les séries Marvel, avec le bêtisier, j’ai abordé des comics de genres très différents, avec ce Best Of, j’ai parlé de fond et de forme, j’ai même réussi à dénicher suffisamment de matière pour m’offrir le plaisir de consacrer une longue chronique à Iron Maiden. ;o)
Mais, en ce qui concerne le mainstream, et notamment les séries Marvel, qui pourtant étaient à l’origine de ce blog, j’éprouve de moins en moins de plaisir à leur lecture. Or, pour écrire sur ce que l’on lit, il faut avoir certes un brin de recul, quelques connaissances techniques, un peu d’expérience, mais je crois, avant tout, qu’il faut entretenir un intérêt bienveillant pour ce que l’on chronique.

Certains auront remarqué que, pour retrouver cette notion d’intérêt et de plaisir, je suis allé chercher des BD un peu différentes, comme Perkeros ou Les Magiciens du Fer, des chroniques que j’ai écrites avec un sourire retrouvé. J’ai également lancé des rubriques un peu spéciales, me permettant de parler d’anciens jeux video ou de vieux films des années 80.
Tout comme à un moment, Univers Marvel est devenu Univers Marvel & autres Comics, l’acronyme UMAC prend aujourd’hui un nouveau sens, plus large, plus riche : Univers Multiples, Axiomes et Calembredaines.
Nous nous permettrons donc, à l’avenir, de continuer à explorer les autres voies offertes par la Pop Culture. Il n’est cependant pas question d’abandonner les comics pour autant. D’une part parce que les rédacteurs déjà présents continueront d’en parler, d’autre part parce que je souhaite aujourd’hui faire appel à de nouvelles plumes.

Si vous lisez des comics régulièrement, si vous pensez avoir des choses pertinentes à dire sur Batman, Spidey et les autres, et si vous appréciez ce lieu, il est donc possible d’intégrer l’équipe de UMAC.
Sous quelques conditions, bien sûr.

1) Nous recherchons des contributeurs réguliers (un article par semaine, par exemple, serait bien pour un début, vous ne serez évidemment pas obligé de tenir ce rythme éternellement).
2) Le sujet des articles sera obligatoirement les comics, kiosque ou librairie, VF ou VO.
3) Votre avis vous appartient, vous pourrez donc dire ce que vous voulez à condition que cela soit bien dit et argumenté. Pas de « j’aime/j’aime pas », vous pouvez faire preuve de subjectivité, même de mauvaise foi, mais il faut alors être habile et trouver des exemples concrets qui permettent de soutenir votre avis.
4) Un certain « niveau » d’écriture est demandé. C’est le plus important et c’est ce que je vais le plus expliquer.
Par « niveau », je n’entends pas savoir écrire parfaitement « nitescence » ou « panégyrique », n’importe quel demeuré avec un dictionnaire ou un traitement de texte peut balancer des mots « compliqués ». Il faut savoir écrire au sens construire un texte, avec un début et une fin, avec un style personnel, et en parvenant à ne pas ennuyer le lecteur. Vous pouvez être très sérieux, faire preuve d’humour, dire des gros mots même, tout est possible mais tout cela ne tient que par une maîtrise de l’écriture.
L’on n’écrit pas forcément bien si l’on est « bon » en orthographe, ça, c’est valable à l’école. Pour écrire un article ou une fiction, il faut un minimum d’implication, de travail, de recherches, de neurones et de couilles. En tout cas, c’est ce que j’exige ici. UMAC n’est pas Télé 7 jours ou… je vais en rester là pour les exemples. ;o)


Voilà, si vous avez envie de tenter l’expérience, vous pouvez donc me contacter à cette adresse : comicsmarvel@laposte.net 
Si je ne vous connais pas, joignez deux ou trois articles à votre mail, ou des liens vers vos travaux précédents.

Je rappelle que vous pouvez toujours nous suivre sur notre page facebook, où nous sommes déjà plus de 4200 (en un peu plus de deux mois d’existence, c’est beaucoup, merci à vous !).

Quant au reste, vous avez vu sans doute que l’on vous concocte quelques surprises, comme cette fiction, écrite par Jeff (que vous connaissez sans doute si vous suivez Côté Comics), ou même des manga un peu « pointus », avec par exemple Sex & Fury, par Didizuka. Et il y aura bientôt également une série d’articles dédiés à la saga de La Tour Sombre, en romans.
Tout cela ne sera pas au détriment des comics, mais en plus.
Parce que, plus qu’un domaine précis, UMAC représente à mes yeux un ton particulier, une façon d’aborder le divertissement et la culture, sans compromis mais avec une curiosité essentielle et un appétit féroce.


Guns & Apple Pie !